Le renouveau du surf alternatif en France doit beaucoup à la redécouverte, au début des années 2000, du twin fin de type fish : large, épais, rapide à plat, d’un confort de rame rare.
L’héritage d’Addiction
Entre 2005 et 2008, l’accueil au sein des ateliers UWL du shaper Louis Robert, sous son label Addiction, a contribué à populariser ces formes rétro. Résines teintées profondes, travail d’orfèvre sur le pinstriping, précision des carènes : le modèle B-52 reste un exemple de planche rapide dans les vagues molles tout en gardant un pivot précis. C’est la définition même du fish moderne.
La filiation de San Diego
Cette culture s’alimente directement des lignes classiques de San Diego, dont Larry Mabile et Jeff McCallum sont les dépositaires. Mabile excelle dans les fishes traditionnels extrêmement rapides ; McCallum développe une approche plus radicale et sculpturale — rails agressifs, carènes asymétriques, esthétiques sombres haut de gamme.
Ces collaborations régulières permettent d’intégrer des techniques modernes de stratification tout en préservant la pureté des lignes rétro californiennes. On retrouve ces signatures parmi les shapers que nous faisons vivre en Europe.
Pourquoi ça marche
Le twin fin libère la planche : deux dérives, moins de traînée, une glisse « lâchée » qui privilégie la vitesse et le plaisir au dessin radical. Dans des vagues moyennes et molles — le quotidien de bien des surfeurs — c’est souvent la planche la plus juste. Le tout est de l’accorder à son programme et à son volume.
Fabriquées à Angoulins avec le soin de l’atelier UWL, ces planches marient un savoir-faire local à l’ADN d’une école qui a façonné le surf mondial.